Maman Lait de Poule: Entrevue avec Claudia Chassé

Maman Lait de Poule: Entrevue avec Claudia Chassé

Êtes-vous mère poule? Parfois, je le suis, je dois l’avouer. Je pense que chacune de nous l’est un peu, quand même. Maintenant si je vous demande, connaissez-vous les vêtements lait de poule? Un beau jeu de mots inspiré des mots lait: pour lait maternel, et poule: à la fois pour la «maman poule» et «poule de luxe», nom qui fut une illumination pour Claudia lors d’une sieste de bébé!

Personnellement, je suis en amour autant avec le nom que les vêtements, mais surtout, la femme derrière cette jeune entreprise fondée par Claudia Chassé. J’ai eu la chance de la rencontrer le temps de quelques clichés il y a quelques semaines, en compagnie de ses charmants enfants. Elle est vraiment l’exemple parfait qu’être mère ne veut pas dire de laisser ses rêves de côté!

Non, je ne suis pas une #supermom!

Claudia Chassé

Parle-nous de ton entreprise. Les raisons qui t’ont poussé à la créer, et pourquoi il était important pour toi de lancer Lait de Poule. Bref, raconte-nous l’histoire derrière le nom de ton entreprise, ta vision et les valeurs que tu possèdes et intègres à ton brand.

Claudia: Je suis une maman qui allaite et qui un jour a eu une illumination en me posant l’éternelle question : «Qu’est-ce que je vais mettre ce soir?». Une question qui semble anodine, mais quand on allaite, c’est tellement difficile de trouver des vêtements tendances jeunes et pratiques. J’avais l’impression de m’habiller qu’en «matante». Bref, les choses se sont déboulées vraiment vite par la suite! Deux jours après mon illumination, je suis partie m’acheter un ordinateur pour faire mon plan d’affaires, et 6 mois après de lançait Lait de poule inc.. Je sentais que je ne pouvais faire autrement, j’adorais mon travail, mais je me suis donné le droit d’oser et de mettre ma créativité à mon profit! L’idée d’un vêtement de maternité branché mix&match étaient trop géniaux pour que je la donne à quelqu’un d’autre. Je sentais que toutes les expériences, mes réussites comme mes échecs m’avaient amené là.

Pourquoi Lait de poule? Une autre illumination pendant une sieste de bébé! En plus de représenter une expression familière, Lait de Poule à une résonance dynamique et amusante, avec un arrière-plan rétro. Les deux mots qui forment le nom complet de l’entreprise résument aussi l’esprit de la marque:

LAIT: le lait maternel!

POULE: à la fois pour la ‘‘maman poule’’ qui couve sont petit et en prends soin, mais aussi pour l’évocation de la ‘‘poule de luxe’’, qui recherche les tendances et veut ce qui a de meilleur!

Crois-tu être une #supermom?

Pour répondre à la question du titre, non je ne suis pas une supermom! Je suis une maman qui à oser se créer son emploi de rêve et qui a vraiment tout un entourage qui l’appui et l’aide, et une maison en bordel!

Photo: Valérie Gay-Bessette Photographie
Depuis quand ton entreprise existe-elle?

Depuis un peu plus de 4 mois officiellement, le lancement a eu lieu au Salon de la maternité et paternité en avril dernier. J’y travaille à temps plein depuis février.

Je suis curieuse… Qui a réalisé ton site?

Moi-même, avec l’aide d’un programmeur pour tout ce qui concerne l’aspect technique. Je suis très critique avec l’aspect visuel des outils de communication, et j’avais vraiment une vision de ce que je voulais comme site. Le site actuel est le début. Je crois que comme une maison, je ne cesserai jamais d’améliorer le site.

Qu’est-ce qui te différencie des autres entreprises de maternité, selon toi?

TOUT : de la forme à la couleur. Je ne suis pas de celle qui font les choses, parce que ce se fait de cette façon. Mon produit n’existait pas sur le marché, c’est une innovation. Tout d’abord dans la forme, la robe d’allaitement est divisée est 2 parties distinctes: le haut (« croptop ») et la robe de base créée spécifiquement pour avantager la silhouette post-partum. Ce concept permet aux mamans d’avoir plusieurs looks en alternant les hauts et les bases. Le côté pratique de ce concept est que les mamans peuvent par exemple investir dans une de nos robes de base classiques et un haut chic pour un évènement, et ensuite elle n’aura qu’à se procurer un haut décontracté pour mettre avec cette même robe de base.

Mais avant tout chose, le but ultime de ce vêtement est d’aider les mamans à se sentir belles. D’offrir un vêtement d’allaitement plein de la couleur, de style et de féminité aux mamans.

Quels sont les types de tissus que tu utilises?

Je favorise les tissus extensibles, le mot d’ordre est confort total. Je n’achète aucun tissu que je n’ai pas préalablement touché! De ce fait, nous avons plusieurs produits faits à partir de rayonne de bambou, un tissu qui donne l’impression d’être en pyjama.

Récemment, j’ai décidé de pousser le concept de « fait au Québec » encore plus loin en utilisant des tissus tissés et imprimés à Montréal. De cette manière, j’ai l’impression de contribuer à réduire un peu tous les effets négatifs de la production et la teinture du tissu dans les autres pays.

Quelles sont tes stratégies pour faire connaître ton entreprise? Les réseaux sociaux, les boutiques pop up, les expositions, les collaborations avec des influenceures?

Un mélange de tout cela J. Je mets la priorité sur toutes les actions qui me permettent d’être en contact direct avec mes clientes, mes partenaires et les influenceurs en faisant des pop-up entre autres. Autrement, je crois beaucoup au bon vieux concept du bouche-à-oreille. Un concept qui prend tout un sens avec les réseaux sociaux. Mon réseau social préféré est Instagram.

D’ou t’est venue ton inspiration à créer un vêtement d’allaitement pratique et confortable pour les femmes?

J’ai toujours aimé les vêtements! Petite, je jouais au défilé de mode et je dessinais des collections de vêtements. J’ai appris à coudre à l’âge de 12 ans. Je n’ai jamais été très patron de couture. Je prenais des bouts de tissu et j’improvisais. Ensuite est venu le temps d’être maman… et d’allaiter. C’est à la suite de ma deuxième grossesse que j’ai eu cette illumination. C’était tout d’abord pour répondre à mon besoin. Je voulais porter des robes en allaitant… Plus encore, je voulais des cols hauts… Plus encore, je voulais que ce soit branché! Ce vêtement d’allaitement mix&match, c’est un mélange de mon côté créatif/miss aubaine/fille de communication/maman.

Est-ce que c’était important pour toi que les agencements soient multiples avec le moins de pièces possible?

OUI! En fait c’est le but ultime du produit et ça, c’est mon côté miss aubaine que je vous ai mentionnée plus haut. Ce concept permet d’avoir plein de looks avec quelques pièces ce qui revient économique et qui permet surtout de pouvoir s’adapter aux saisons et aux évènements qu’en changeant les hauts. Cela donne aussi plus de latitude pour oser créer des hauts plus colorés et branchés.

Tu rêves à quoi quand tu penses à Lait de Poule dans 5 ans?

Je rêve à dans plus de 5 ans. Je rêve qu’un jour mes filles travaillent avec moi. Que nous avons une entreprise rentable, et que nous continuons à créer de nouveaux produits de maternité plus hot les uns que les autres. Il y a des exemples de succès d’entreprise d’ici et je rêve que Lait de poule en fasse partie. Que nos vêtements soient vendus au Québec et à l’étranger.

Arrives-tu à vivre de ton entreprise?

Oui! J’ai pris la décision d’en vivre- et non, mon conjoint ne me fait pas vivre et je ne viens pas plus d’une famille fortunée. Je dois payer mes comptes et mon hypothèque comme tout le monde et je ne fais pas de folie, mais j’ai une vision de ce que doit devenir Lait de poule et je ne pouvais pas y arriver sans y travailler à temps plein. Par ailleurs, mes filles restent le point central de ma vie, et entre la nouvelle entreprise et mon ancien emploi, je n’arrivais pas à leur donner le temps dont elles avaient besoin. J’ai donc fait les démarches de financement pour avoir un fonds de roulement nécessaire à cela. Je crois fortement qu’une entreprise est un investissement, et que nous devons être les premiers à vouloir nous y investir à temps complet.

LA grande question! Comment arrives-tu à concilier travail-famille?

Comme mentionné plus haut, ma première conciliation a vraiment été de faire le choix de me lancer dans le vide et de ne vivre que de Lait de poule! Je vois beaucoup d’avantages pour un parent à être à son compte pour la conciliation travail/famille. Nous n’avons pas de compte à rendre sur nos horaires de travail, et pas de gêne à traîner nos enfants à notre bureau, ce serait difficile, car il est à la maison (lol!). Si je compare avec l’emploi que j’avais lorsque ma première fille est entrée à la garderie je suis somme tout plus présente, je suis là le matin à leur départ et à leur retour. Je travaille beaucoup le soir quand les enfants sont couchés et je suis quand même stricte sur mon horaire de travail. J’essaie aussi, avec difficulté, de laisser le cellulaire à distance entre 16h et 19h. Ma famille est aussi très présente dans l’entreprise et auprès de mes filles, ce qui aide énormément.

Je crois que pour la plupart d’entre nous ce qui est le plus difficile dans la conciliation travail-famille c’est la culpabilité. On se sent coupable de ne pas avoir été présent au départ des enfants, ou encore on se sent coupable de ne pas avoir eu le temps de finir un dossier pour le travail. J’essaie de trouver un équilibre dans tout cela.

Est-ce que tes enfants te font sentir coupable lorsque tu travailles trop?

Ha ha, je n’avais pas lu ta question, et j’avais anticipé dans ma réponse précédente. OUI! Bien en fait, ça ne vient pas d’eux directement, mais de moi. Je crois que les mamans, nous nous en mettons beaucoup sur les épaules pour ce qui est de la présence auprès des enfants. Quand nous sommes employées, nous avons la justification que l’ordre vient du patron de faire des heures supplémentaires, ça enlève de la responsabilité. Mais quand c’est nous notre propre patron, c’est difficile de justifier à notre conjoint et à nos enfants que notre « patron » nous demande de finir à 19h ce soir. D’autant plus qu’en travaillant de la maison, il est plus dur pour les enfants de comprendre pourquoi maman est là, mais qu’elle dit qu’elle n’est pas là!

Quelles sont tes stratégies que tu utilises pour être productive, quand on a deux enfants à s’occuper?

J’essaie d’être à 100% là où je suis. Donc, quand je suis au boulot, je suis en mode boulot. Je ne réponds pas à mes appels personnels et mes enfants sont à l’école et la garderie. Quand je suis avec la famille, le cellulaire n’est jamais bien loin, mais j’essaie d’être discrète pour que personne ne le remarque :S. Les heures de sieste du week-end sont magiques pour finaliser de petits dossiers. Je transforme certaines de mes tâches en jeu avec mes filles. Par exemple, en séance de dessin, lorsque je suis en processus de création, ou encore en aventure découverte quand mes filles me suivent dans les magasins de tissu et les ateliers de confection. Mon entreprise fait partie de leur réalité et je trouve cela inspirant de voir ma 6 ans me dessiner une robe Lait de poule J. J’essaie le moins possible de faire garder mes filles en dehors des « horaires » de travail. C’est d’ailleurs tout un défi avec le premier été à la maison de ma grande de 6 ans. J’ai planifié l’été entre les différentes grands-mamans, les vacances et 1-2 semaines de camp de jour. Je suis capable de travailler avec elle à la maison le matin, elle s’occupe et joue bien, mais rendu en après-midi c’est plus difficile. Et avec mes 16 mois, ouf, c’est difficile de travailler avec elle à la maison en dehors des heures de sieste, c’est une vraie acrobate/tornade. Et donc, je me retrouve à faire des heures entrecoupées entre les siestes, les petites gardes de grands-parents et les soirs.

À quoi ressemble une journée typique dans la vie de Claudia Chassé?

Quand je ne suis pas sur la route et en dehors des horaires acrobatiques de l’été ça ressemble pas mal à cela :

7h: CAFÉ LATTE, déjeuner famille, habillage des filles et préparation des sacs-école et garderie. Papa a fait les lunchs. Je jette un coup d’œil à mes courriels et réseaux sociaux.

8h: Départ pour l’école et la garderie

8h30 : Début de ma journée j’effectue pas mal toujours mes tâches dans le même ordre en début de journée : Gestion courriel et réseaux sociaux, expédition puis liste des tâches à effectuer dans la journée. Je dîne vite en travaillant. Mes tâches sont entrecoupées par l’activité sur mes réseaux sociaux et mes commandes. J’essaie de répondre le plus vite possible aux clientes. Vers 15h, je fais un retour sur les commandes de la journée à expédier. Puis arrive le rush de 16h, pour finaliser les commandes et passer au bureau de poste avant 16h20. Ensuite, je vais chercher les filles.

De 16h30 à 19h : Moment famille. J’essaie d’aller marcher un peu et de jouer avec mes filles.

19h-20h : Retour sur les tâches à terminer de la journée. Gestion des réseaux sociaux

20h: Moment parent JON RELAX!!! (quand tout va bien et que j’ai été productive dans la journée)). Et c’est sûr que si mon conjoint n’est pas là, je prends mon ordinateur avec moi sur le divan et avance des dossiers devant la télévision.

22h30/23h : DODO

Pour communiquer avec Claudia, vous pouvez la téléphoner au 438-393-5609, ou par courriel à info@laitdepouleinc.com

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